Musée du bouton

L’EXQUIS ET INSOLITE MUSÉE DU BOUTON À LA 16E BROCANTE DE LA GRUYÈRE 2014

« Comme un sang neuf, de nouveaux professionnels succèdent à des exposants ayant cessé leurs activités. Ces arrivées apportent renouvellement, diversité et encore davantage de matériel haut de gamme », précise l’organisateur Fernand Plumettaz.

MULTITUDE D’OBJETS DU DESIRS

La Brocante de la Gruyère est une sorte de musée vivant toujours recommencé abritant des trésors à peine cachés par une multitude d’objets du désir.
De surcroît, une exceptionnelle exposition-vente proposera quelque 200 cuillères à crème taillées dans le bois de la Gruyère et des dizaines d’autres produits de la « boisellerie » de chalet d’alpage.

« FAIRE UN MUSEE POUR MES DEUX PRECIEUX BOUTONS »

Nicola Beaupain, a créé le Musée du bouton en 2012, au lieu-dit Haute Ferme du Vert Pays (www.museedubouton.ch). L’institution a rencontré un succès rapide insoupçonné. Le musée rayonne de délicieuses touches de chic, d’élégance, de raffinement… et aussi de souvenirs de l’art du bon goût tel qu’il a traversé le 20e siècle, transmis de grand-maman en petite-fille.

Tout semble avoir commencé parce que Nicola Beaupain ne pouvait se résoudre à imaginer deux très jolis boutons finir dans les oubliettes des déchetteries. Deux boutons que lui avait laissés sa grand-mère. « Que faire pour qu’ils ne disparaissent pas ? » se demandait Nicola Beaupain : « Je vais faire un musée du bouton dans lequel je conserverai mes deux précieux ».

Du coup, Nicola Beaupain a libéré la grange de sa ferme très ancienne (début XVIIIe, vers 1726) pour mettre en valeur ses boutons. Elle a transformé deux étables et l’allée qui les séparait est devenue le cœur du musée, en pleine merveilleuse campagne gruérienne. Pendant ce temps, elle a rassemblé des dizaines de milliers d’autres boutons (actuellement quelque 200’000 en stock).

TEMOIGNAGE PORTEUR D’HISTOIRE

« Les boutons ? C’est un patrimoine porteur d’histoires. C’est un monde de nostalgies joyeuses et aussi un témoignage de respect dû à nos aïeux », affirme Nicola Beaupain qui poursuit : « C’est un travail de sauvetage, avant tout ! Non ! Je ne collectionne pas ! Pas plus que le musée n’achète ni ne vend. En revanche, nous trions, classons et mettons en valeur les boutons et objets associés que des donateurs remettent au musée. On me les confie « contre bons soins »… que je garantis volontiers. »

AUTANT D’IMAGINATION, DE DESSINS, DE CREATIONS

« Au bout du compte, nous nous occupons juste de partager les souvenirs des plaisirs d’autrefois. D’aucun s’étonne qu’un si petit objet usuel, contienne un si grand patrimoine universel. Mais sans les boutons, que ferions-nous ? Par ailleurs, il me semble qu’aucun objet aussi humble que des boutons n’a été précédé d’autant d’imagination, de dessins, de créations. Et c’est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît. »

On peut encore croire que toutes les matières ont été utilisées, pour les fabriquer, tellement la liste en est longue : argent, or, d’autres métaux divers, nacre, bakélite, céramique, verre, plastique, liège, bois, celluloïd, carton compressé, tissus, corne, os, ivoire, etc., sans compter les pierres précieuses ou semi-précieuses.

DAVID , BRAQUE ET AUTRES PICASSO

« C’est aussi une petite histoire des familles. Les grands-mamans avaient toutes des boîtes à boutons. Et je sais que je ne suis pas la seule comblée de bons souvenirs d’enfance de cet ordre : gosse, c’était un privilège de jouer avec les boîtes à boutons. Et nous étions fascinés par ceux-ci ».
« Nous présentons des boutons de 1860 à nos jours. Quelques pièces sont plus anciennes. Du XVIe siècle, en alliage métallique, j’ai de beaux boutons de Hollande, d’où je suis originaire (Amsterdam). D’ailleurs, il y a une vitrine spéciale Hollande. Parfois, ce sont des objets de très grande beauté. La haute couture a créé des chefs-d’œuvre et des artistes tels David, Braque et autres Picasso, ont signé des créations », souligne Nicola Beaupain.

DE LINGERIE ET DE MAILLOTS DE BAIN

« Lors de la Brocante de la Gruyère, nous comptons un peu étonner le public. Nous partagerons le stand avec des mannequins (poupées) habillés de lingerie et de maillots de bain entièrement recouverts de bouton sur le mode unis ou le mode patchwork. Deux écrans vidéo exposeront le musée, sa démarche, sa finalité, ses thèmes. Le musée fait aussi une part belle à la mercerie de grand-mère, à la dentelle, aux broches et aux gravures de mode ».

« Chaque automne, nous changeons de thème. Actuellement c’est « La valse des formes – Le bouton n’est pas toujours rond » et nous exposons les poupées de notre enfance (une centaine de poupées de valeur historique). Le prochain thème sera « Matière ! Matière ! ». Autour de moi, s’est rassemblée une quinzaine de « petites mains », assistantes très fidèles ».

Le Musée du bouton est ouvert tous les samedis (gratuit) du printemps, de l’été et de l’automne mais ferme ses portes le 1er décembre jusqu’au 20 mars. La semaine est réservée à l’accueil de groupes, sur rendez-vous.

www.museedubouton.ch

ROBERT BLANC DE CORBIERES

D’entre les 200 cuillères à crème taillées dans le bois et ornées de motifs traditionnels, 120 au moins sont le produit de Robert Blanc de Corbières. Le solde est le fruit d’artisans de la région. Aux cuillères (1900-1930/40), s’ajoutent trois ou quatre dizaines de moules à beurre (dès 1850) mais aussi des barattes à beurre (rondes avec un bâton coulissant). De bois tous, des « brotzets » et des « chaules » pour la traite sont accompagnées de boilles à lait, tous produit de la « boisellerie » de chalet d’alpage. [ — ]